Borsalino (chapeau en feutre)
d’après Giuseppe Borsalino (1834-1900)
Giuseppe Borsalino suivit une formation chez Berteil, un modéliste et créateur de chapeaux. Il commença un commerce avec son frère Lazzaro à Alessandria, une petite ville située entre Turin et Milan. Il construisit un atelier qui se fit rapidement une jolie réputation. En tant que ‘bon socialiste’, il s’occupa également à créer pour son personnel des mesures en matière de sécurité sociale qui n’ont, pendant des années, pas eu leur pareil dans toute l’Italie. Dans ce pays, à l’époque, l’entreprise était aussi renommée pour ses fondations que pour ses chapeaux. Aujourd’hui les fondations sont gérées par la ville. En 1900, après la mort de son père, Teresio Borsalino prit le relais. L’année 1913 fut une année phare dans l’histoire de l’entreprise: Borsalino employait 3.000 personnes qui produisaient plus de deux millions de chapeaux. Un jour, le Roi Victor-Emmanuel III, bon client chez Borsalino, proposa le titre de comte à Teresio. Celui-ci répondit: “Non merci, j’ai déjà un nom, c’est suffisant.”
En 1944, les bâtiments de l’entreprise furent dévastés par un bombardement allié. Le successeur de Teresio s’appelait Teresio Usuelli Borsalino, arrière-petit-fils du fondateur Giuseppe. Sous sa direction, Borsalino devint une petite entreprise somnolente, qui comptait à peine une centaine de collaborateurs. Entre-temps, la mode avait changé, ce qui a bien sûr également eu une certaine influence sur la société. La firme fut rachetée par un groupe financier en 1992. Les héritiers, représentés par Giovanna, l’épouse de Teresio Usuelli, possèdent encore une participation de quatre pour cent. Aujourd’hui, Giovanna guide les visiteurs au Musée du Chapeau, avec ses cinq mille couvre-chefs le plus grand au monde. Ce musée a été repris par les autorités locales.
Depuis sa reprise en 1992, Borsalino semble avoir retrouvé la voie du succès. Actuellement, 145 habitants d’Alessandria travaillent chez Borsalino. Les clients les plus fidèles, même quand le monde vivait ses années les plus difficiles, étaient et sont toujours les juifs orthodoxes, qui commandent chaque année quelque 100.000 chapeaux typiques, que ce soit à Brooklyn, à Anvers ou en Israël.
Les véritables borsalinos sont toujours confectionnés comme il y a près de 150 ans, avec du feutre de poils de lièvre ou de lapin importé d’Australie. Le confectionnement d’un borsalino nécessite environ 80 opérations, ce qui, bien sûr, a ses répercussions sur les prix.
Depuis des décennies, la clientèle de Borsalino est, entre autres, constituée de rois, d’empereurs, de papes et de présidents. Mais aussi Giuseppe Verdi, Al Capone, Humphrey Bogart ou encore Alain Delon (dans son film ‘Borsalino’ en 1970) ont témoigné leur respect pour la petite ville d’Alessandria en y commandant ou en y achetant le chapeau bien particulier. De nos jours, quelque 200.000 véritables borsalinos quittent de nouveau annuellement les ateliers d’Alessandria.