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Dolomite (minéral du groupe des carbonates)
d’après le savant français Déodat-Guy-Silvain-Tancrède de Dolomieu
(1750 Dolomieu – 1801 Châteauneuf)
Déodat de Dolomieu naquit en 1750 à Dolomieu dans le château familial des Gratet. Fils d’un marquis, il était le troisième enfant d’une lignée de dix. Il n’avait que deux ans lorsque son père le fit recevoir comme chevalier de l’Ordre de Malte. Il s’engagea comme carabinier à l’âge de 14 ans. Deux ans plus tard, il devint sous-lieutenant. Il dut faire son noviciat sur un navire de l’Ordre. C’est lors de cette période qu’il tua un condisciple en duel.
Il fut condamné à mort et se retrouva en prison à Malte. Il fut libéré suite à plusieurs interventions parmi lesquelles celle du pape Clément XIII. On le retrouva ensuite en 1771 dans un régiment caserné à Metz. Il y suivit des cours de physique et de chimie et découvrit sa grande passion, la géologie et la minéralogie, deux disciplines qui lui permettront plus tard d’acquérir une renommée mondiale.
Absorbé par ses découvertes scientifiques, il oublia en 1774 de regagner sa garnison et fut radié. A partir de ce moment, il se mit à explorer les Pyrénées, l’Auvergne, les Alpes et les Vosges. Il voyagea à travers l’Espagne, l’Italie, la Sicile et la France. Il visita la Calabre après un tremblement de terre en 1784 et fut témoin d’une éruption de l’Etna en 1787. En 1788 et 1789, il voyagea dans la vallée de l’Adige au Trentin et traversa le Col du Brenner en direction d’Innsbruck. Il rentra en France en 1791 et découvrit que, du point de vue chimique, les roches calcaires qu’il avait ramenées de son voyage réagissaient d’une autre manière que le calcaire ordinaire. En 1796, le carbonate naturel de calcium et de magnésium, découvert par Dolomieu, fut baptisé ‘dolomia’ par un collègue scientifique. Dolomieu établit par ailleurs en premier la relation entre tremblements de terre et éruptions volcaniques.
Initialement, Dolomieu accueilla avec ferveur le mouvement révolutionnaire, mais la déception suivit et il décida de se consacrer entièrement au travail scientifique. Dès 1795, le Directoire ne s’inquiéta plus du fait qu’il soit d’origine noble. Il fut nommé inspecteur des Mines et enseigna la géologie à l’Ecole des Mines.
Il fut enrôlé en 1798 parmi les 150 scientifiques qui accompagnèrent Napoléon lors de son expédition d’Egypte. Il comprit cependant très vite que Napoléon l’avait, en tant que chevalier de Malte, essentiellement emmené pour lui faire négocier la reddition de Malte avec l’Ordre. C’est ce qu’il fit contre son gré. Il s’en suivit des démêlés avec l’Ordre. Officiellement Dolomieu tomba malade en Egypte et fut le premier à quitter le pays. La vérité, c’est qu’il ne s’entendait guère avec Napoléon et qu’il était toujours en conflit avec lui. Dolomieu se moquait quelque peu de l’entourage de Napoléon, qui à son tour lui reprocha de douter de la fertilité du delta du Nil. Sur le chemin du retour, le 10 mars 1799, son navire essuya une terrible tempête qui le força à se réfugier dans le port de Tarente. C’est là qu’il fut fait prisonnier sous la pression des chevaliers de Malte. De nombreux scientiques s’efforcèrent de le faire libérer. Après deux ans de prison, à Tarente d’abord, à Messine ensuite, il fut libéré en mars 1801, épuisé et dégoûté, après le traité de Florence.
Il rentra sur Paris et fut nommé professeur de minéralogie, mais il était malade et affaibli, et en plus dépouillé de ses collections et documents rassemblés en Egypte. Il reprit encore une fois son marteau de géologue pour parcourir les Alpes qu’il aimait tant, mais sa santé était vraiment trop faible. Il s’alita chez sa sœur Alexandrine où il mourut le 16 novembre 1801 à Chateauneuf près de Chauffailles. C’est là aussi qu’il fut enterré.
Dolomieu écrivit une dizaine de livres, principalement des ouvrages traitant de volcans et des comptes-rendus de voyages. Le massif montagneux italien adopta peu à peu son nom: les Dolomites. Il se révéla plus tard qu’à aucun autre endroit au monde il était possible d’étudier à la surface terrestre de tels phénomènes sous-marins. Josiah Gilbert et G.C. Churchill, deux aventuriers anglais, écrivirent en 1856 The Dolomite Mountains, dans lequel ils se montrèrent très enthousiastes quant au massif unique en son genre. Sur les traces de Dolomieu, alpinistes, chercheurs, amoureux de la nature y trouvèrent l’eldorado de leurs rêves.