- Biographie automobile: CITROËN
- Biographie automobile: MERCEDES
- Biographie automobile: TOYOTA
- Borsalino (chapeau en feutre)
- Clémentine (mandarine sans pépins)
- Daniel Gabriel Fahrenheit (graduation thermométrique)
- Dolomite (minéral du groupe des carbonates)
- Dr. Earle Cleveland Haas (les tampons Tampax)
- George Crum (les chips)
- Granny-smith (pomme d’une variété à peau verte et à chair ferme)
- La barrière Nadar (barrière utilisée pour tenir la foule à distance)
- La loi de Murphy (Tout ce qui est susceptible de tourner mal, tournera nécessairement mal)
- La madeleine (petit gâteau en forme de coquille fait de sucre, de farine, de beurre et d’œufs)
- Laszlo Biro (le stylo à bille)
- Margerete Steiff (1847-1909)
- Qui sont donc Dow et Jones qui ont donné leur nom à l’indice Dow Jones?
- Scott E. Fahlman (l’histoire des smileys)
Biographie automobile: MERCEDES
Imaginez-vous que votre société s’appelle Daimler et que vous fabriquez à la fin du 19e siècle les premières automobiles de l’histoire à Cannstatt, près de Stuttgart en Allemagne. En France, vous avez un agent qui, pendant dix ans, vous traite de tous les noms: “”Vous êtes tous des imbéciles”, “votre chariot à fumier est un échec, comme je l’avais dit”, “vos ingénieurs sont bons pour l’asile de fous”, “vous êtes tous des incapables”, “vous fabriquez de la camelote” ou encore “votre ingénieur en chef, c’est un vieillard décrépit?”.
Cet agent ‘français’ s’appelait Emile Jellinek. Né à Leipzig en 1853 de parents tchéco-hongrois, qui déménagèrent plus tard à Vienne. Toute la famille était instruite, mais cela n’intéressait pas Emile. Il quitta l’Europe pour l’Afrique du Nord. Il vécut pas mal d’aventures, mais en Algérie, un emploi pour une société d’assurance française lui rapporta beaucoup d’argent. Une fois devenu riche, il passa ses étés à Vienne et ses hivers à Nice. Pour le commerce automobile du début du 20e siècle, la Côte d’Azur était un endroit idéal. En hiver, la région était habitée par ce qu’il y avait de plus riche au monde. Jellinek collabora avec Daimler dès 1896, et cela après avoir lu une petite annonce émanant de la société allemande.
Emile Jellinek adorait le prénom ‘Maria de las Mercedes’ (Marie de la Grâce). Etait-ce une question de piété ou de vénération de la vierge? Nul ne le sait. Il était convaincu que ce prénom lui porterait bonheur et le donna à ses sept enfants. Sa fille, née le 16 septembre 1889, fut même dotée deux fois de ce nom. Sa villa à Vienne portait d’ailleurs déjà le même nom, ce qui, plus tard, fut aussi le cas de sa maison niçoise.
Début 1900, Jellinek signa avec Daimler un accord qui lui garantit l’exclusivité des ventes en France, en Autriche, en Hongrie, en Belgique et aux Etats-Unis. Le contrat stipulait aussi qu’il faudrait donner une nouvelle forme au moteur et que celui-ci porterait le nom de ‘Daimler-Mercedes’. Emile plaça immédiatement une commande de 36 automobiles pour un montant de 550.000 marks-or. Plus tard, il les commanda par centaine. Mais il rendit fous les constructeurs. Ceux-ci protestaient d’ailleurs régulièrement. Dans certains cas, ses crises de colère ne connaissaient aucune limite.
Lors du Grand Salon de l’Auto, tenu à Paris en 1902, il accrocha une grande photo de sa fille Mercedes, qui avait alors 13 ans, les cheveux dans le vent et un air étrange de mélancolie dans les yeux. Plus tard, il lui chercha un mari et trouva le baron Schlosser qu’elle épousa en février 1909. Guy Jellinek, chroniqueur de la famille, écrivit: “Mercedes ressemblait beaucoup à son père. Elle avait le même tempérament, les mêmes crises de colère, la même faim de vivre.”
Après 14 ans de mariage, la jeune Mercedes quitta en 1923 son baron Schlosser et ses deux enfants et s’en alla rejoindre le baron sculpteur Weigl. Celui-ci mourut peu après. Six ans plus tard, le 23 février 1929, Mercedes Jellinek mourut des suites d’une longue maladie dans un modeste appartement à Vienne. Elle n’avait même pas 40 ans. Le fait qu’une automobile très particulière portait son nom ne l’avait jamais intéressée.