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La loi de Murphy (Tout ce qui est susceptible de tourner mal, tournera nécessairement mal)
d’après le capitaine américain Edward Aloysius Murphy Jr. (1917-1991)
Notre histoire commence en 1949 à la base américaine Edwards Air Force Base de Muroc en Californie. Le capitaine-ingénieur Edward Aloysius Murphy Jr. (1917-1991) y travaillait au projet USAF MX981 qui consistait à tester les effets de l’accélération sur les pilotes. Les yeux injectés de sang, le commandant John Paul Stapp (1910-1999) sort du simulateur de fusée et demande à un technicien: “Combien de forces ‘G’ (accélération) ai-je subies aujourd’hui?” “Aucune,” lui répond-on, “en tout cas les instruments n’ont rien enregistré.” Un des techniciens avait en effet mal accroché les accéléromètres au corps du commandant. Il s’avéra plus tard que Stapp n’avait pas subi ces tests pour rien. L’échec de son expérience rapporta à l’humanité le principe universel de chaque échec humain ou technique: la loi de Murphy. Une loi qui explique pourquoi des guerres éclatent, pourquoi des centrales nucléaires explosent et pourquoi le téléphone sonne toujours obstinément au mauvais moment: “Tout ce qui est susceptible de tourner mal, tournera nécessairement mal.”
C’est surtout pendant les années 70 que Murphy’s Law devint populaire aux Etats-Unis. Le sociologue américain Arthur Bloch y consacra plusieurs livres comprenant des lois, des énoncés, des ‘vérités’ et d’innombrables variantes relatives à la célèbre loi. Ses livres furent tous des best-sellers, auteur et éditeur s’enrichirent, la loi trouva sa place dans les dictionnaires et les encyclopédies, mais personne n’était en mesure d’affirmer avec certitude si, oui ou non, ce Murphy avait vraiment existé. Des recherches menées par des journalistes restèrent sans résultat. Mais qui était donc l’homme caché derrière la célèbre expression?
Ce n’est qu’en 1977 que l’énigme fut résolue. Arthur Bloch reçut une lettre d’un certain George Nichols, responsable sécurité du projet Viking de la NASA. Nichols collaborait en 1949 au projet MX981 pour la compagnie aérienne Northrop. Ce projet consistait à mesurer combien d’accélérations un pilote était en mesure de supporter, ‘G’ étant l’unité d’accélération. Edward Murphy participa à ce même projet en tant qu’ingénieur de développement pour le compte du Wright Field- Aircraft Laboratory. Il avait développé une ceinture dont 16 détecteurs étaient reliés au pilote d’essai John Paul Stapp. Bien que ces détecteurs ne puissent être raccordés que de deux façons aux appareils de mesure, quelqu’un les installa tous dans la mauvaise position. En haussant les épaules, Murphy s’adressa au technicien responsable: “S’il y a une façon de faire les choses de travers, vous la trouverez certainement.” Un autre ingénieur présent répondit: “C’est la loin de Murphy.” Quelques semaines plus tard, lors d’une conférence de presse, le colonel Stapp attribua le succès du projet en grande partie à la Loi de Murphy et aux tentatives obstinées d’éviter l’inévitable.
L’expression fit son apparition dans les revues professionnelles et spécialisées, les fabricants d’avions y firent allusion dans leurs campagnes publicitaires et la loi commença à faire son petit bonhomme de chemin. Quelque temps plus tard, on découvrit plusieurs variantes dans les revues scientifiques. Le ‘principe de laboratoire de Pett’ par exemple, selon lequel il ne faut jamais répéter une expérience réussie, ou encore la ‘théorie de la relativité à la toilette’ de Balance: la durée d’une minute dépend du côté de la porte où l’on se trouve! Et n’oublions pas la ‘Loi de Cheops’, qui affirme que rien n’est jamais construit selon le planning ou le budget. Une édition néerlandaise de 1990 reprit également quelques énoncés intéressants, parmi lesquels on retiendra de l’ancien directeur W. Dekker de Philips: “Ecoutez bien ce que votre interlocuteur ne dit pas” ou encore “Les problèmes ne sont jamais grands au début”. Aujourd’hui des milliers d’énoncés relatifs à la Loi de Murphy traitent de tous les domaines et des petits ennuis de tous les jours: “Tout ce qui est bon, est interdit, immoral ou on en grossit.” Attention aussi à celui-ci: “Ne dormez jamais avec quelqu’un qui est encore plus fou que vous-même.” Et pour terminer, un énoncé très intéressant lorsqu’on est au travail: “Au plus lentement quelqu’un travaille, au moins de fautes il fera.”